Ce con de Xavier qui a sous-loué mon appart avec Boris pendant nos 3 mois d'absence, balance à L., avec son regard le plus coquin, que la veille de mon départ, je l'ai passée avec un autre L. et que celui-ci m'a accompagnée à l'aéroport. On est tous assis dans le salon, on fume quelques joints et Xavier sort sa grosse info qui fait bien tâche, vu que j'avais raconté à L. que c'était une lesbienne qui m'avait accompagnée et qu'on s'était roulé une pelle avant de se quitter. Alors que j'avais roulé la pelle au mec. L. comprend tout de suite le topo, son regard se durcit en un éclair, ce qui me donne une énergie folle pour aller couper en deux le surf de Xavier qui se trouve dans sa chambre. BAM. Le surf se pête assez facilement, en 4/5 coups à peine contre le tranchant de la porte.
Xavier ferme enfin sa grande gueule. L. ne dit toujours rien. Moi, je pleure.
Le soir, il y a la sortie du disque du gars qui m'a accompagnée à l'aéroport, c'est dans un parking à Mériadeck. La lumière est verte et les bouteilles d'alcool qui jonchent le sol,aussi. C'est la que mes copines m'accueillent d'un "Haaan déjà, 3 mois ! ! ! On a pas vu le temps passer, whaoouuuw, t'as maigris, c'est fou ! ! !". Les filles jeunes ne sont que rarement douces et affectueuses.
Ah, tiens , j'ai oublié de raconter que le patron d'Etnies, un Bordelais expat à L.A, m'a donné des shoes bleu ciel en daim, les "Baby Blue". J'ai aussi oublié de raconter qu'à cette période, je faisais un peu de skate, j'en faisais pas très bien, surtout parce que je me sentais ridicule d'en faire. Sur un skate, j'avais toujours un peu honte malgré les conseils de Richard qui me disait "c'est juste un moyen de locomotion, c'est tout". J'en avais taxé un à l'usine Etnies à un gars qui trainait, pour aller acheter des clopes. Sur la route, yavait une descente, et grisée par le soleil,et par mon amour inconditionnel pour Bart Simpson, j'étais restée dessus au lieu d'en descendre. Le skate était parti complètement en yecou, et presque en bas de la pente, ça allait beaucoup trop vite en zigzags, je suis tombée. Le skate a disparu dans une bouche d'égout, alors j'avais soulevé la plaque pour le récupérer. Je suis descendue grâce à une échelle en ferraille, dans le tunnel tout au fond, j'ai pataugé dans un mètre de boue qui pue. Quand je suis rentrée à l'usine, j'étais couverte de boue marron et des éraflures sur les coudes et sur la joue et une petite pizza sur la hanche. Mes chaussures toutes neuves étaient dégueulasses vu que jne pouvais pas les enlever dans le tunnel au cas où. Le type a repris son skate en riant "Je t'ai regardé partir tout à l'heure, tu m'as fait mourir de rire parce qu'au début, je pensais que tu étais une pro comme Pierre-André t'avais donné des shoes".
J'avais les baskets dans le parking, elles n'étaient plus tout à fait bleu ciel après l'épisode pataugeage dans les égouts.
Le gars avance vers moi avec son disque,il me sourit, l'air de rien. L. doit sans doute nous observer, je baisse immédiatement les yeux en tendant la main pour prendre le disque, je regarde mes baskets et repense à la chute en plein soleil en me disant "Aaaah c'est un chouette souvenir comparé à ce qui se passe aujourd'hui". Je m'appuie contre une voiture,le disque à la main, il était normalement à vendre mais il me l'a donné, je suis cramée cramée. Je suis hyper fatiguée. C'est le jet-lag et le reste. Peut être ma taille, les grands ont souvent des coups de pompe de folie.
Quelques jours plus tard, L. a l'idée de faire une projection diapo de notre voyage. Il invite plein de gens et au milieu de la séance, il fait défiler une série de photos de moi à poil qui dort dans un hamac, des photos horribles de gros plans de mes cuisses avec la chair qui passe à travers les mailles du truc, comme du rôti.Il avait dû prendre les photos à Zipolite, pendant mes 4 jours de fièvre délirante à cause des piqûres de moustiques. Moi, je n'en avais aucun souvenir. Il ne me parle pas de la pelle à l'aéroport, je ne saurai jamais pourquoi il m'en voulait. Parce que j'avais embrassé quelqu'un ? Parce que je ne lui avais pas dit ? Parce que j'avais menti à moitié. Parce que quand il est rentré dans son atelier des Beaux-Arts, quelqu'un l'avait dessiné avec des cornes sur la porte de son atelier, côté couloir ? Je ne sais pas ... Peut être un peu de tout cela.
jeudi 23 février 2012
jeudi 2 février 2012
80) Time
De retour à L.A, je me dis que mon meilleur souvenir du Mexique c'est quand la mamie du shop des pâtisseries avait trop chaud pour mettre mon argent pour payer mon gâteau à la banane dans sa caisse. Jai pris le gâteau et quand j'ai tendu la monnaie, elle ma fait un signe de la main "va c'est bon paye pas" et ensuite elle s'est doucement couchée sur son bras pour faire une bonne sieste.
D'autres souvenirs, les deux grecs des guest-houses qui me kiffent et me font bosser (jouer aux échecs avec des apprentis acteurs paumés) l'après-midi en échange d'un lit gratuit. Les 9kg perdus grâce aux moustiques et à "rien à bouffer" que des pop-corns et des chinese soups volées la nuit dans le frigo de la cuisine communautaire. Toutes mes copines qui avaient passé quelques mois aux USA, dans des familles, étaient revenues avec 10kg en trop, moi en moins.
A la fin, L. voulait s'installer définitivement là-bas, il me mettait la pression, les Grecs aussi voulaient qu'on reste, ils nous donnaient une chambre double à l'étage de l'auberge de Beverly Hills. Je sors acheter du chinois et en rentrant, sur la route, une grosse berline noire manque m'écraser. Je renverse toute ma boufffe sur le capot, le type en costard fait courir ses doigts dans l'ordre sur le volant, je reconnait le truc de Reservoir Dogs, et je reconnais le mec qui me sourit avant de redémarrer plein de riz collé à son pare-brise, c'est Quentin Tarantino. Quand je raconte ça aux wannabe acteurs, ils me répondent l'air blasé "oui il habite la maison d'à côté". Moi, jai une furieuse envie de rentrer en France. D'aller discuter avec mes oncles paysans. Je vois une fille sur le strip sortir d'une voiture en pleurant, on est habillées pareil, jupe bleue, tee-shirt rose, elle pleure. Blonde, musclée, bronzée, belle à m'en couper le souffle, elle vient vers moi en pleurant, elle pleure hyper bien, ça se voit que c'est une actrice. Un handicapé dans un supermarché me demande de lui attraper un truc en hauteur, et je lui attrape, il me dit en souriant "you've got a light". Un jour, c'est moi qui pleure sur un trottoir "non, je ne veux pas rester ici, je veux rentrer,tout me manque, mes copines me manquent, entendre parler français, ça me manque, Michel Drucker me manque !
Quand je rentre à Bordeaux, jai perdu 10kg et je suis partie 3 mois, je fonce sur mes copines super émue "vous m'avez tellement manqué !!!", elles répondent en rigolant "naaaan pas toi, déjà ! C'est passé super vite !"
D'autres souvenirs, les deux grecs des guest-houses qui me kiffent et me font bosser (jouer aux échecs avec des apprentis acteurs paumés) l'après-midi en échange d'un lit gratuit. Les 9kg perdus grâce aux moustiques et à "rien à bouffer" que des pop-corns et des chinese soups volées la nuit dans le frigo de la cuisine communautaire. Toutes mes copines qui avaient passé quelques mois aux USA, dans des familles, étaient revenues avec 10kg en trop, moi en moins.
A la fin, L. voulait s'installer définitivement là-bas, il me mettait la pression, les Grecs aussi voulaient qu'on reste, ils nous donnaient une chambre double à l'étage de l'auberge de Beverly Hills. Je sors acheter du chinois et en rentrant, sur la route, une grosse berline noire manque m'écraser. Je renverse toute ma boufffe sur le capot, le type en costard fait courir ses doigts dans l'ordre sur le volant, je reconnait le truc de Reservoir Dogs, et je reconnais le mec qui me sourit avant de redémarrer plein de riz collé à son pare-brise, c'est Quentin Tarantino. Quand je raconte ça aux wannabe acteurs, ils me répondent l'air blasé "oui il habite la maison d'à côté". Moi, jai une furieuse envie de rentrer en France. D'aller discuter avec mes oncles paysans. Je vois une fille sur le strip sortir d'une voiture en pleurant, on est habillées pareil, jupe bleue, tee-shirt rose, elle pleure. Blonde, musclée, bronzée, belle à m'en couper le souffle, elle vient vers moi en pleurant, elle pleure hyper bien, ça se voit que c'est une actrice. Un handicapé dans un supermarché me demande de lui attraper un truc en hauteur, et je lui attrape, il me dit en souriant "you've got a light". Un jour, c'est moi qui pleure sur un trottoir "non, je ne veux pas rester ici, je veux rentrer,tout me manque, mes copines me manquent, entendre parler français, ça me manque, Michel Drucker me manque !
Quand je rentre à Bordeaux, jai perdu 10kg et je suis partie 3 mois, je fonce sur mes copines super émue "vous m'avez tellement manqué !!!", elles répondent en rigolant "naaaan pas toi, déjà ! C'est passé super vite !"
jeudi 24 novembre 2011
80) A mi, no me gusta, y a mi, me gusta
Presque une semaine a galerer sous la moustiquaire, entre reve et realite, me voila sortie daffaire. Sympa la plage nudiste, sauf que des que je mallonge 5mn et en maillot en plus, ya toujours 3 ou 4 indigenes mongoliens qui viennent me saouler, rigolards, ils agitent leurs bijoux nazes sous mon nez sans me lacher de leur regard vicelard en meme temps que meprisant et moqueur. "Non merci pour la ballade en foret pour aller voir des crocodiles les gars, cest gentil mais cest NON, allez putain degagez la bande de tares"
Dis donc, ce quils sont moches les Mexicains et ce quils ont lair toujours prets a vouloir te faire une crasse pourrie. Jai pas croise un beau mec lair legerement sympa depuis que je suis ici.
Ya aucun moyen de leur faire confiance ces mecs la, ils portent cela sur leur gueule, la haine du gringo quoi. Le flic qui voulait absolument me donner de la coke, quand jai refuse, il voulait le jour dapres me donner une paire de rangers, nan mais nimporte quoi. Espece de tare.
Je retrouve un soir sur la plage, lautre squelette drogue hirsute, qui mavait file des champis pas bons, je lui en rachete mais cette fois il va rester pres de moi quand je les avale et il va devoir patienter jusqua ce quils me fassent de leffet pour recevoir son argent. Je lui dis tout ca bien sur apres avoir avale les champis, il sassoit pres de moi fou de rage. Et oui tu vois, moi aussi je sais enculer les gens. Au bout dun quart dheure on sennuie ferme tous les deux, les champis ne font aucun effet, il me jette une poignee de sable limite dans la tronche et disparait dans la nuit.
Je vais chercher une biere au bar en faisant semblant quelle nest pas pour moi mais pour mon mari, et quand je repose un pied sur le sable, celui-ci senfonce comme dans du chewing-gum. Enfin, hourra, les champix font leur effet, je recherche mon dealoss sur la plage, pour le payer, je le vois de loin, assis aupres dun grand feu. Il ferme les yeux, sa tete se balancant davant en arriere, jai vraiment du mal a le rejoindre parce que jai un enorme fou rire en pensant a ce que je lui ai fait subir, plus le chewing gum qui colle par terre, finalement je marche mieux a quatre pattes et le gars ouvre ses yeux en entendant mon rire. Des quil me voit apparaitre dans le cercle du feu, il rit lui aussi, alors je me jette dans ses bras et nous roulons tous les deux dans le sable pate molle en poussant des cris de joie.
Dis donc, ce quils sont moches les Mexicains et ce quils ont lair toujours prets a vouloir te faire une crasse pourrie. Jai pas croise un beau mec lair legerement sympa depuis que je suis ici.
Ya aucun moyen de leur faire confiance ces mecs la, ils portent cela sur leur gueule, la haine du gringo quoi. Le flic qui voulait absolument me donner de la coke, quand jai refuse, il voulait le jour dapres me donner une paire de rangers, nan mais nimporte quoi. Espece de tare.Le seul truc coool ici, cest la bouffe, les poissons, les burritos, mais le reste cest plutot, OUI, de la merde. Des regards antipathiques, ni bonjour, ni merci ni merde, des connards partout qui jouent toute la journee aux dominos sa mere, et des grappes de gosses lair davoir deja 50 balais dans leurs yeux tellement ils sont programmes pour etre des cons, qui ne me lachent pas non plus a peine sortie de lhotel. Jai trouve la parade pour ne pas trop me faire chier avec eux, jai toujours sur moi des feutres pour leurs dessiner des tatouages partout sur le corps "ROBERTO AIME MARIA" "BERNARDO AIME ZORRO", cela fait passer le temps.
Je retrouve un soir sur la plage, lautre squelette drogue hirsute, qui mavait file des champis pas bons, je lui en rachete mais cette fois il va rester pres de moi quand je les avale et il va devoir patienter jusqua ce quils me fassent de leffet pour recevoir son argent. Je lui dis tout ca bien sur apres avoir avale les champis, il sassoit pres de moi fou de rage. Et oui tu vois, moi aussi je sais enculer les gens. Au bout dun quart dheure on sennuie ferme tous les deux, les champis ne font aucun effet, il me jette une poignee de sable limite dans la tronche et disparait dans la nuit.
Je vais chercher une biere au bar en faisant semblant quelle nest pas pour moi mais pour mon mari, et quand je repose un pied sur le sable, celui-ci senfonce comme dans du chewing-gum. Enfin, hourra, les champix font leur effet, je recherche mon dealoss sur la plage, pour le payer, je le vois de loin, assis aupres dun grand feu. Il ferme les yeux, sa tete se balancant davant en arriere, jai vraiment du mal a le rejoindre parce que jai un enorme fou rire en pensant a ce que je lui ai fait subir, plus le chewing gum qui colle par terre, finalement je marche mieux a quatre pattes et le gars ouvre ses yeux en entendant mon rire. Des quil me voit apparaitre dans le cercle du feu, il rit lui aussi, alors je me jette dans ses bras et nous roulons tous les deux dans le sable pate molle en poussant des cris de joie.
mercredi 9 novembre 2011
79) La cucaracha
Comme L. est à L.A depuis plusieurs mois maintenant, on doit donc aller au Mexique pour faire tamponner son passeport. On décide de descendre tout au sud. Tijuana, Oaxaca, jusqu'à Zipolite, la plage nudiste, la seule du pays. Dans le bus, je lis American Psycho, dans tous les sens, un chapitre par ci, un chapitre par là, je lis la fin, je reviens au début.
J'arrête pas de faire chier L. avec Maroussia "haaaaan, tu la trouves plus belle que moâââ". Je sanglote pendant que la clim fait gonfler mes chevilles jusqu'à ce que bientôt, on ne voit plus mes os. L. se fout de ma gueule, il fait même un dessin sur son carnet, et sur le dessin, je suis plus moche qu'une meuf de chez Crumb.
A peine descendus du bus à Tijuana, c'est déjà le western, plein de poussières et que des gars tarés qui me matent comme si j'étais Claudia Shiffer, merci les gars, ça fait plaisir ! Na voila !
Je suis juste à côté d'une minuscule baraque en bois qui vend des tonnes de journaux hard-core, meurtres, meurtres, meurtres, avec de jolies couvertures peintes à l'encre et des visages de victimes ou d'assassins en action de mourir ou de tuer. La baraque tremble sur elle-même, tout autour du bonhomme à l'intérieur, ça bouge de partout et je vois que c'est le gars qui me fixe avec ses yeux noirs exhorbités, l'air très très énervé, en tirant sur sa kikette à toute vitesse qui fait huer tout ça. Cela va beaucoup mieux, je suis consolée.
Deux flics viennent nous trouver. "Vous allez où ?" "A la station de bus, on va à Oaxaca" "Ok, venez avec nous, on vous accompagne".
Et tous ces pauvres gens qui veulent passer la frontière. Quelle tristesse.
Le bus, le bus, le bus, le bus. 78H de bus. La plage, le village, la place, les hippies. Les cabanons en paille. Les chevaux.
Premier truc à tester, le cheval sur la plage. Un petit garçon monte avec moi sur le dos de l'animal. 50° le Mexique au mois d'Aôut. Avec le petit on essaye de faire avancer plus vite le cheval mais il marche au ralentit, sauf au retour, il galope quand on est revenu presque au point de départ. Cheval, aucun intérêt.
Les vagues sont énormes et elles cassent si près du bord qu'il est à cette heure là impossible de se baigner. En avançant même tout doucement dans l'eau, tu risques à tout moment de te faire avaler et de te retrouver loin derrière la gigantesque barre, après, si tu te retrouves là bas au fond, t'as juste le choix pour revenir de te crasher du haut d'un immeuble de 3 étages direct sur le sable.
Je vais chercher des champignons hallucinogènes. J'en trouve tout de suite un sachet, ils sont plongés dans du miel. Des gros champignons, beaucoup plus gros que ceux des Pyrénées, chez moi il faut en bouffer 30 pour avoir l'équivalent des 5/6 ici. Sauf que je me rends compte une heure après les avoir bouffés, qu'ils ne me font aucun effet.
Le soir, je retourne me baigner, l'eau est merveilleusement chaude et la marée basse, il n'y a personne sur la plage, c'est sauvage, c'est merveilleux. Quand je sors de l'eau, trois petits garçons entièrement habillés me foncent dessus des serviettes de bain à la main tenues comme des fouets, ils se placent autour de moi en faisant signe de courir vers les baraques, je ne comprends pas trop, tout est si calme alentours, alors ils me fouettent avec leurs serviettes de toutes leurs forces, ça fait mal, c'est marrant, ils me fouettent partout, je rigole c'est trop coool, c'est là que je réalise que plein de moustiques sont en train de m'attaquer et que les coups de serviettes c'est fait pour me défendre.
Les enfants sentent très fort la citronnelle. Ils me raccompagnent en me frappant toujours avec leurs serviettes tordues pour tuer. Quand je me couche sous la moustiquaire, je peux enfin compter les piqûres qui me déchirent le corps tout entier, il y en a 70.
La nuit, je délire, j'ai des sensations de poids en tonnes sur moi qui m'étouffent et des plaques bouillantes de mini volcans en éruptions qui grattent partout sur le corps. Une cascade d'eau traverse le plafond en paille, et chute sur le lit. C'est normal, au mois d'Août, il pleut souvent la nuit au sud du Mexique.
Quand je me réveille, les draps sont secs mais j'ai tellement de fièvre que je ne peux pas du tout décoller ma tête de l'oreiller. Les 70 petites bouches continuent de me dévorer.
samedi 30 juillet 2011
78) Delicious Productions
A l'auberge, j'avise un grand garçon l'air las, l'air coincé du cul, brun, très pâle, les yeux noirs, très maigre, l'air intello effacé, l'air français, ça ne loupe pas, il est français. Il est là car après son diplôme de commerce, il cherchait un stage quand sa tante lui a dit qu'il avait un grand oncle qui faisait du biz à L.A. Elle l'a appelé et le vieux fût ok pour prendre le petit neveu en stage. C'est quand il est arrivé à L.A que le titou a découvert la nature exacte des activités du tonton : producteur de films érotiques.
-"Tu veux venir faire le casting, ils cherchent des filles en ce moment."
-"Ahaha ok."
J'ai rdv deux jours plus tard. Je ne dis à personne que je vais le faire. Je suis toute excitée, ça ne peut être que rigolo un casting rose.
Je m'habille favella vintage, robe tee-shirt rose, tongs jaunes et grosse culotte à volants.
J'attends les gars devant leur préfabriqué vers Melrose. Je connais bien le coin, j'y traîne souvent. C'est trop coool de voir des punks étalés par terre, avec des gueules de milliardaires, tous vêtus gravure de mode, avec spikes nickels et vêtements à clous, Creepers et 200 dollards le tee-shirt.
Les mecs débarquent en décapotable, ils sont deux. Un vieux et un jeune.
Dans leur studio, un canapé et un frigo, une chaîne hi-fi, plein d'appareils photo et une caméra posée au milieu.
Je dois faire un strip-tease devant la caméra.
Je demande du vin blanc, et je choisi un cd de BJORK, alors que j'aime pas BJORK, mais il n'y a que ça d'à peu près valable.
Le vieux me mime ce que je dois faire. J'ai envie de rire, en même temps de m'arrêter là, de leur dire "ban c'est bon, j'ai vu ce que je voulais voir" mais en même temps, j'ai envie d'aller jusqu'au bout, de toute façon je sais très bien que je suis nulle en strip-tease, j'ai envie de leur faire un sketch. Peut être qu'ils vont se marrer et qu'on deviendra potes.
Le vieux s'installe sur le canap et commence à m'interroger, je minaude, ça je sais faire, avec une voix débile, je lui dis "Naaan, je n'ai jamais fait de strip-tease et blablabla".
Le vieux est tout excité, il passe derrière la caméra et c'est parti.
Je danse un petit peu style mongole, les attardées mentales ont toujours excité les pervers il me semble, je fais glisser ma robe, je suis en culotte et j'ai gardé mes tongs, je tourne sur moi même, les mecs ont l'air content, je continue comme ça quelques secondes et au dernier moment, alors que je devais m'allonger sur le canap les jambes écartées, je bondie dessus en faisant une cabriole affreuse et en gueulant "BOUAHAH n'importe quoi ! ! !".
Le vieux est hyper en colère "T'es conne ou quoi ??? T'as tout gâché ! ! ! Allez prends tes affaires et dégage ! ! !" "T'es aussi gracieuse que moi ma pauvre ! ! !"
Je m'en vais et je pense à L. Tous les jours il va faire la queue avec des Mexicains pour pouvoir bosser un peu pour des boîtes de ménage. Je tiens deux jours avant de lui dire ce que j'ai fait. On marche sur le boulevard, direction le Mac Do à clodos, on passe devant chez Frédérick's Of Hollywood, le shop de lingerie et sex'women apparel, et là comme je n'ai rien à dire d'autre de toute façon, je lui raconte ma virée d'apprentie actrice à Melrose. Il explose de rage. "DE TOUTE FAçON, TU NE SAIS FAIRE QUE CELA, MONTRER TON CUL".
Je le trouve très injuste, car, à qui je montre mon cul d'habitude, à part à lui ? A personne. Il est injuste, il ment. Il n'est pas marrant. Voyager en couple, c'est vraiment la mort.
-"Tu veux venir faire le casting, ils cherchent des filles en ce moment."
-"Ahaha ok."
J'ai rdv deux jours plus tard. Je ne dis à personne que je vais le faire. Je suis toute excitée, ça ne peut être que rigolo un casting rose.
Je m'habille favella vintage, robe tee-shirt rose, tongs jaunes et grosse culotte à volants.
J'attends les gars devant leur préfabriqué vers Melrose. Je connais bien le coin, j'y traîne souvent. C'est trop coool de voir des punks étalés par terre, avec des gueules de milliardaires, tous vêtus gravure de mode, avec spikes nickels et vêtements à clous, Creepers et 200 dollards le tee-shirt.
Les mecs débarquent en décapotable, ils sont deux. Un vieux et un jeune.
Dans leur studio, un canapé et un frigo, une chaîne hi-fi, plein d'appareils photo et une caméra posée au milieu.
Je dois faire un strip-tease devant la caméra.
Je demande du vin blanc, et je choisi un cd de BJORK, alors que j'aime pas BJORK, mais il n'y a que ça d'à peu près valable.
Le vieux me mime ce que je dois faire. J'ai envie de rire, en même temps de m'arrêter là, de leur dire "ban c'est bon, j'ai vu ce que je voulais voir" mais en même temps, j'ai envie d'aller jusqu'au bout, de toute façon je sais très bien que je suis nulle en strip-tease, j'ai envie de leur faire un sketch. Peut être qu'ils vont se marrer et qu'on deviendra potes.
Le vieux s'installe sur le canap et commence à m'interroger, je minaude, ça je sais faire, avec une voix débile, je lui dis "Naaan, je n'ai jamais fait de strip-tease et blablabla".
Le vieux est tout excité, il passe derrière la caméra et c'est parti.
Je danse un petit peu style mongole, les attardées mentales ont toujours excité les pervers il me semble, je fais glisser ma robe, je suis en culotte et j'ai gardé mes tongs, je tourne sur moi même, les mecs ont l'air content, je continue comme ça quelques secondes et au dernier moment, alors que je devais m'allonger sur le canap les jambes écartées, je bondie dessus en faisant une cabriole affreuse et en gueulant "BOUAHAH n'importe quoi ! ! !".
Le vieux est hyper en colère "T'es conne ou quoi ??? T'as tout gâché ! ! ! Allez prends tes affaires et dégage ! ! !" "T'es aussi gracieuse que moi ma pauvre ! ! !"
Je m'en vais et je pense à L. Tous les jours il va faire la queue avec des Mexicains pour pouvoir bosser un peu pour des boîtes de ménage. Je tiens deux jours avant de lui dire ce que j'ai fait. On marche sur le boulevard, direction le Mac Do à clodos, on passe devant chez Frédérick's Of Hollywood, le shop de lingerie et sex'women apparel, et là comme je n'ai rien à dire d'autre de toute façon, je lui raconte ma virée d'apprentie actrice à Melrose. Il explose de rage. "DE TOUTE FAçON, TU NE SAIS FAIRE QUE CELA, MONTRER TON CUL".
Je le trouve très injuste, car, à qui je montre mon cul d'habitude, à part à lui ? A personne. Il est injuste, il ment. Il n'est pas marrant. Voyager en couple, c'est vraiment la mort.
mercredi 20 juillet 2011
77) My heart belongs to my stories
L'Iranienne a ronflé toute la nuit, j'ai vu un clodo jouer à la machine à sous à l'épicerie, j'ai vu mon premier Indien assis au bord de la route se prendre toutes les fumées des voitures dans la figure sans bouger, les yeux fermés. Le soir, on marche sur deux centimètres de flyers de spectacles de striptease ou de flyers pour des putes. On dort dans un motel. Il y a une piscine et la Bible sur chaque table de nuit. Je ne veux pas aller plus loin mais finalement, je consens à accompagner les autres en ville mais c'est la dernière fois, le jour d'après je resterai au motel sans bouger, cette ville me fait chier.
Là où ils m'emmènent, c'est des piscines partout et des flamands roses dans le parc, des chaises longues. Le soleil tape. Des gens jouent au poker au beau milieu de la piscine, attablés, assis dans l'eau.
Je ne sais pas quoi dire alors je dis n'importe quoi, je raconte une histoire, je dis à L. que pendant qu'il n'était pas là, je suis sortie avec une fille. Irrépréssible envie de parler de cul. L'histoire est vraie mais décalée dans le temps. Je lui dis que j'ai rencontré la fille au petit matin à 6h en rentrant de teuf. Qu'elle m'a emmenée chez elle, qu'elle était beaucoup plus jeune que moi avec des gros seins et les cheveux frisés, habillée punk frou-frou c'est à dire grunge, c'est à dire habillée petite fille qui vient de se faire violer. Qu'elle était déjà lesbienne, pas moi. Elle dormait chez une tante, en face du Zoobizarre, je l'ai poussée sur le lit, elle m'a déshabillée, elle m'a dit "tu es sublime". Elle s'est mise toute nue, je n'avais même pas envie de la toucher ou de la caresser, j'avais juste envie de lui enfoncer des trucs dans son trou, alors je suis allée à la cuisine, j'ai chopé des ustensiles. Des grands trucs pour cuisiner, avec des bouts ronds, une louche, des cuillerères et je ne sais plus quoi, je suis revenue dans la pièce.
C'était une maison de poupée, avec des costumes partout, des robes, des perruques, des tonnes de rouge à lèvres, maquillage et un cheval d'arçon dans le coin. J'avais envie de demander pourquoi tout ça, mais je n'avais pas une seconde à moi, j'avais trop de trucs à faire. J'ai enfoncé les trucs dans la fille, et ça m'a fait flipper cette folie de la pénétrance, jai dit stop, et quand je disais stop mais jne pouvais pas m'arrêter, la tante a surgit dans la chambre, elle avait dans les 80 ans, une chemise de nuit transparente, on aurait dit un cadavre fantôme, on a explosé de rire en disant:
"On est grillées ça sent trop la chatte !"
L. fait la gueule. "Je ne pouvais pas avoir pire relou, on est là tranquilles au bord d'une piscine, elle peut pas s'empêcher de me raconter des horreurs. Elle se débrouille pour être toute seule, elle ne peut pas être à la piscine avec moi, elle a besoin de convoquer 26 lesbiennes, des ustensiles et un cadavre fantôme de vieille. Elle a besoin de me laisser seul à la piscine, son esprit est ailleurs. Chacun sa vie. Regarde, la mienne est un film d'horreur."
Là où ils m'emmènent, c'est des piscines partout et des flamands roses dans le parc, des chaises longues. Le soleil tape. Des gens jouent au poker au beau milieu de la piscine, attablés, assis dans l'eau.
Je ne sais pas quoi dire alors je dis n'importe quoi, je raconte une histoire, je dis à L. que pendant qu'il n'était pas là, je suis sortie avec une fille. Irrépréssible envie de parler de cul. L'histoire est vraie mais décalée dans le temps. Je lui dis que j'ai rencontré la fille au petit matin à 6h en rentrant de teuf. Qu'elle m'a emmenée chez elle, qu'elle était beaucoup plus jeune que moi avec des gros seins et les cheveux frisés, habillée punk frou-frou c'est à dire grunge, c'est à dire habillée petite fille qui vient de se faire violer. Qu'elle était déjà lesbienne, pas moi. Elle dormait chez une tante, en face du Zoobizarre, je l'ai poussée sur le lit, elle m'a déshabillée, elle m'a dit "tu es sublime". Elle s'est mise toute nue, je n'avais même pas envie de la toucher ou de la caresser, j'avais juste envie de lui enfoncer des trucs dans son trou, alors je suis allée à la cuisine, j'ai chopé des ustensiles. Des grands trucs pour cuisiner, avec des bouts ronds, une louche, des cuillerères et je ne sais plus quoi, je suis revenue dans la pièce.
C'était une maison de poupée, avec des costumes partout, des robes, des perruques, des tonnes de rouge à lèvres, maquillage et un cheval d'arçon dans le coin. J'avais envie de demander pourquoi tout ça, mais je n'avais pas une seconde à moi, j'avais trop de trucs à faire. J'ai enfoncé les trucs dans la fille, et ça m'a fait flipper cette folie de la pénétrance, jai dit stop, et quand je disais stop mais jne pouvais pas m'arrêter, la tante a surgit dans la chambre, elle avait dans les 80 ans, une chemise de nuit transparente, on aurait dit un cadavre fantôme, on a explosé de rire en disant:
"On est grillées ça sent trop la chatte !"
L. fait la gueule. "Je ne pouvais pas avoir pire relou, on est là tranquilles au bord d'une piscine, elle peut pas s'empêcher de me raconter des horreurs. Elle se débrouille pour être toute seule, elle ne peut pas être à la piscine avec moi, elle a besoin de convoquer 26 lesbiennes, des ustensiles et un cadavre fantôme de vieille. Elle a besoin de me laisser seul à la piscine, son esprit est ailleurs. Chacun sa vie. Regarde, la mienne est un film d'horreur."
mercredi 27 avril 2011
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